DESCRIPTION DETAILLEE DES COMPOSANTES DU PROJET

Composante A : Modernisation du cadre institutionnel et cadre de planification

Elle vise à :

·       renforcer les capacités des acteurs institutionnels, des opérateurs en aménagement, des institutions financières et de la profession agricole en veillant à rechercher une meilleure structuration et une synergie agissante des différentes fonctions ;

·       améliorer les bases réglementaires et les capacités des structures en charge de l’irrigation et pour les producteurs, avec un accent sur les aspects relatifs au foncier et à la gestion de l’eau ; 

·       améliorer le processus de planification à travers l’analyse des dépenses publiques, la concertation avec les acteurs, l’harmonisation des processus de mise en œuvre opérationnelle, la définition des priorités d’investissement.

Composante B : Financement des solutions d’irrigation

Elle vise à :

·       établir des modèles pertinents – appelés Solutions -  pour le développement et la modernisation des différents types de systèmes irrigués visant le changement d’échelle et assurant les conditions de leur viabilité ;

·       mettre en œuvre les solutions  dans des zones sélectionnées. Tenant compte des pratiques en cours, des profils socioéconomiques des producteurs au Sahel, des leçons apprises et du potentiel de développement de l’irrigation dans les pays concernés, le projet a adopté une typologie comprenant les 5 types d’irrigation suivants : (i) bas-fonds et décrue contrôlée ; (ii) irrigation individuelle privée ; (iii) irrigation villageoise ; (iv) grande irrigation publique ; et (v) irrigation commerciale à travers le partenariat public – privé (PPP). Le projet établira des solutions pour chacun de ces 5 types d’irrigation et en fonction des priorités des pays. Il les mettra effectivement en œuvre au travers d’études de faisabilité, d’investissements pour l’amélioration / la revitalisation des systèmes existants et le développement de nouveaux systèmes de petite et moyenne taille et de l’amélioration de la qualité des prestations techniques et des services d’accompagnement en matière d’irrigation. Des activités de renforcement de capacités seront mises en œuvre pour diffuser ces solutions et ainsi contribuer à les institutionnaliser. Le projet apportera également un appui méthodologique, technique et financier dans la préparation des études de qualité pour la constitution de projets d’investissements bancables notamment dans la grande irrigation et accompagnera les pays dans la recherche de financement.

Le projet est construit autour du concept de solutionqui allie (i) des modèles institutionnels et des modalités organisationnelles pour le développement et la gestion du système d’irrigation ; (ii) des mécanismes de financement du développement et de la gestion des systèmes, reposant sur une combinaison adéquate de dépenses publiques, de capitaux, de frais, de contributions en nature, de subventions judicieuses, de crédit et de garanties ; (iii) la sélection et la conception rigoureuses de technologies adaptées et des infrastructures connexes, adossées à des mécanismes appropriés de contrôle de la qualité ; et (iv) des parties prenantes qualifiées et autonomes, capables de mettre en œuvre les différentes composantes de la solution de manière coordonnée. Des solutions seront identifiées pour chaque type de système d’irrigation en s’appuyant sur la typologie définie dans le cadre de l’Initiative Irrigation au Sahel (voir le Tableau 2).

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Composante C : Gestion de l’information et des connaissances et coordination

Elle vise à :

·       assurer le pilotage et la coordination du projet ;

·       assurer la capitalisation et la gestion des connaissances utiles aux acteurs de l’irrigation ;

·       effectuer périodiquement des activités de suivi du secteur irrigué et des ressources en eau à travers des enquêtes ;

·       promouvoir le développement et l’utilisation de technologies d’information et de la communication,

·       appuyer la dissémination des résultats de la recherche, des échanges thématiques, la capitalisation et le développement de technologies, mécanismes  d’apprentissage, etc.

·       mettre en œuvre les activités de communication et de suivi-évaluation

COUTS DU PROJET

1.1.          Coûts sommaires du projet

Le tableau ci-dessous donne le récapitulatif sommaire du coût du projet par source de financement.

 

OBJECTIFS DU PROJET ET INDICATEURS

Le Projet d’Appui Régional à l’Initiation pour l’Irrigation au Sahel (PARIIS) porte la Déclaration de Dakar et vise à cet effet, à mettre en place les conditions nécessaires à l’atteinte des objectifs qualitatifs et quantitatifs de la Déclaration de Dakar. Il est coordonné au niveau régional par le CILSS.

Il vise donc à remédier aux problèmes récurrents du développement de l’agriculture irriguée en intensifiant la mise en œuvre d’un programme de développement de l'irrigation dans six pays à travers le Sahel, grâce au renforcement des capacités institutionnelles et au développement de solutions d’irrigation dans les zones d’intervention  sélectionnées dans chacun des pays. Le PARIIS vise, par ailleurs, à promouvoir la mise en œuvre des mécanismes et conditions de durabilité et de viabilité post projet, favorisant la poursuite des investissements dans les Etats.

Objectif de développement

Améliorer la capacité des parties prenantes à développer et gérer l’irrigation et d’accroitre les superficies irriguées en suivant une approche régionale basée sur les « solutions » dans six pays du Sahel : (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad).

Résultats attendus

Les résultats intermédiaires attendus de la mise en œuvre des composantes sont :

Au Titre de la composante A :Modernisation du cadre institutionnel et cadre de planification

·       RI A1. Le processus d’accès au foncier et à l’eau sur les périmètres irrigués est amélioré sur des bases transparentes et équitables en vue de la sécurisation des producteurs

·       RI A2. Le processus de planification et de réalisation des investissements est concerté et repose sur des analyses de données fiables et des études ciblées

·       RI A3. Les missions, fonctions et responsabilités des différents acteurs du développement et de la gestion de l’irrigation sont clarifiées

Au Titre de la composante B :Financement des solutions d'irrigation

·       RI B1. Des investissements bancables (tous types) portés par le projet obtiennent des financements

·       RI B 2. Des solutions de revitalisation et de gestion pérenne des systèmes irrigués existants (tous types) sont disponibles et mises en œuvre dans des zones sélectionnées

·       RI B. 3. Des solutions de développement de nouveaux systèmes irrigués de petite et moyenne taille sont disponibles et mises en œuvre dans des zones sélectionnées

·       RI B.4. Des services de qualité aux producteurs et opérateurs de terrain (services d’appuis aux irrigants incluant formation, conseil agricole, outils TIC, produits financiers et infrastructures telles que stockage, piste d’accès) sont disponibles et accessibles dans des zones sélectionnées

Au Titre de la composante C :Gestion des connaissances et coordination

·       RI C.1. Les informations et les connaissances en matière d’irrigation sont partagées entre les acteurs

·       RI C.2 La coordination permet un pilotage et une gestion efficace du projet.

Indicateurs d’impact et de résultats

Indicateurs de l'objectif de développement du projet

a.       Bénéficiaires directs du projet (10 500), dont les femmes (35%);

b.       Superficie d’irrigation améliorée ou nouvellement aménagée (3 000 hectares);

c.        Intensité annuelle des cultures sur zones équipées par le projet (130 %);

d.       Acteurs formés utilisant les connaissances acquises (40%);

e.        Part des portefeuilles d’investissement du pays en ligne avec l’approche 2iS (40%).

 Les indicateurs (a) à (c) seront atteints dans les Zones d'Intervention Prioritaire(ZIP) du projet ciblées en fonction de leur potentiel pour le développement viable de l'irrigation à travers une mise à échelle d’un ou de plusieurs types de systèmes d'irrigation. L’indicateur (d) examinera les acteurs locaux dans les ZIP ainsi que les parties prenantes nationales qui bénéficieront des activités de formation soutenues par le projet. L’indicateur (e) est liée à l'effet de levier du projet dans le portefeuille des investissements dans l'irrigation des six pays et permettra de mesurer les résultats du projet dans la rationalisation et l'institutionnalisation des solutions d'irrigation à travers différentes opérations et à l'échelle régionale.[1]

Indicateurs de résultats intermédiaires

§  Composante A: Modernisation du cadre institutionnel et de planification

A1. Instruments opérationnels de gestion locale du foncier irrigué (20)

A2. Instances opérationnelles de gestion locale de l’eau (7)

A3. Adéquation du processus de planification par rapport à une grille d’analyse (9)

A4. Participants aux activités de consultation (15000)

§  Composante B: Financement des solutions d'irrigation

B1. Superficies portées par le projet ayant obtenu du financement (2000 hectares) ;

B2. Usagers de l'eau disposant de services d’irrigation et de drainage nouveaux ou améliorés (8 400) ;

B3. Organisations d’irrigants opérationnelles établies ou renforcées (75) ;

B4. Producteurs ayant accès à des services d’appui établis ou améliorés par le projet (17000).

§  Composante C: Gestion de connaissance et coordination

C1. Acteurs ayant utilisé les outils de la plateforme intégrée multimédia de génération et de partage des connaissances mise en place par le projet ;

C2. Activités de recherche-action utilisées dans la capitalisation (3) ;

C3. Nombre de solutions d’irrigation performantes établies documentées et diffusées (3).


Projet de Développement de l’Agriculture Irriguée Commerciale en Zone Office du Niger (PDAIC-ZON)

DESCRIPTION DU PROJET PDAIC-ON ET DE SA ZONE D’INTERVENTION

Dans le cadre de sa stratégie de développement de l’agriculture, le Gouvernement du Mali a fait une requête à la Banque Mondiale pour une enveloppe de 100 millions de dollars EU en vue du financement d’un Projet d’aménagement hydro agricole dans un bassin de production disposant d’un potentiel avéré de développement de l’agriculture irriguée : la zone Office du Niger. Pour accélérer le processus de mise en œuvre de ce projet, il est retenu de préparer et proposer un document de projet qu’il est prévu de présenter au Conseil d'Administration de la Banque Mondiale en mai 2017.

Objectif du projet et bénéficiaires

Au stade actuel de préparation, l’objectif de développement du projet est d’aménager des terres irrigables dans la zone Office du Niger pour le développement de l’agriculture irriguée commerciale. Le caractère « commercial » du projet doit se traduire par un investissement significatif du secteur privé dans le développement des infrastructures d’irrigation, associé à une sécurisation de l’affectation des terres allouées aux producteurs (bail ou titre foncier), et par le développement conjoint d’installations de stockage, transformation et commercialisation permettant de générer les bénéfices attendus.

Les bénéficiaires du projet seront des exploitations agricoles à vocation commerciale de petite, moyenne et grande taille. Les grandes exploitations seraient allouées à des investisseurs qui s’engageront à développer l’irrigation sur les terres qu’ils auront acquises, qui s’impliqueront dans la mise en place des services et des infrastructures de stockage et de commercialisation nécessaires à la valorisation des productions agricoles dans la zone du projet ou à proximité et dans la structuration d’alliances productives (agriculture sous contrat), en particulier avec les petits producteurs, en vue de développer des approches gagnant-gagnant. Les petites et moyennes exploitations représenteront des opportunités d’investissement pour des exploitants familiaux et de petits entrepreneurs, avec un objectif de création d’emploi. Le projet inclura une politique d’accompagnement des groupements féminins et prendra soin de considérer les problématiques de l’insertion des jeunes dans l’agriculture. Le projet visera également à la réalisation d’infrastructures d’accès et sociales tenant compte des orientations du Gouvernement du Mali en la matière.

Les bénéficiaires et leur répartition seront caractérisés plus précisément au cours de la préparation du projet, selon des processus d’allocations qui restent à définir.

Site d’intervention et justification de l’approche cadre

Le site d’intervention retenu au stade de la préparation du projet est le site d’Alatona, qui a fait l’objet d’un développement partiel sur financement du MCC. Le projet du MCC prévoyait initialement de réaliser l’équipement de l’ensemble du site d’Alatona (trois tranches pour un total de près de 14 000 ha. Les études techniques et analyses d’impacts datant de 2009 sont disponibles et demandent un effort limité pour être mises à jour.

Des contraintes financières ont conduit le MCC à limiter son intervention au développement de la première tranche d’irrigation de 5 200 ha en vue d’y réinstaller l’intégralité des populations présentes sur le site d’Alatona et d’installer d’autres populations sur les terres restantes, selon un schéma d’agriculture familiale. La première tranche d’Alatona consistant essentiellement en la mise en œuvre du plan de réinstallation du site d’Alatona (3 tranches). Les ménages potentiellement affectés par les trois tranches d’Alatona ont donc été pris en charges dans le cadre de la tranche 1. Le retour d’expérience de la mise en œuvre du PAR est positif. Un audit du PAR mis en œuvre par le MCC sera réalisé en tout début de projet, de façon à incorporer ses conclusions et recommandations dans le cadre du projet en cours et bâtir sur les enseignements lors de la mise en œuvre du PDAIC-ZON. Il informera en particulier le processus d’allocation des terres et le besoin de revoir le processus de compensation identifié par le MCC.

Des contraintes sécuritaires ont conduit les Nations Unies à inscrire le site d’Alatona dans la liste des zones à risque, ce qui en restreint l’accès aux populations civiles internationales. Aussi, il n’a pas été possible de confirmer l’utilisation actuelle des terres des tranches 2 et 3 par des personnes qui n’auraient pas été compensées dans le cadre de la tranche 1.

En outre, la mise en œuvre du projet Alatona est assujettie à la réponse positive du marché à l’offre commerciale d’installation, qui dépend en partie des contraintes comme la sécurité de la zone où la capacité d’obtenir le soutien du secteur bancaire. Le projet soutient en effet une démarche de développement de l’irrigation commerciale de taille moyenne qui n’existe pas au Mali. Pour le cas où le développement du projet Alatona ne soit pas possible, des sites alternatifs seront alors identifiés dans d’autres communes de la Zone de l’Office du Niger.

Ceci explique le recours à une approche cadre, et pour le site d’Alatona, et pour le cas où le projet implique d’autres sites. L’instruction du projet fait l’hypothèse d’une mise en œuvre à Alatona.

Composantes du projet

Le projet sera constitué de trois composantes :

Composante 1 : développement des infrastructures d’irrigation et infrastructures connexes

Cette composante consommera la majeure partie du financement pour la réalisation des travaux d’infrastructure d’irrigation et de drainage et des infrastructures connexes, notamment les lignes électriques et routes d’accès. La composante financera la réalisation des études d’avant-projet détaillées, le contrôle et la supervision des travaux et la réalisation des travaux, ainsi que la mise en œuvre des plans de gestion environnementale et sociale et des plans de réinstallation. Les infrastructures d’irrigation assureront la desserte en eau jusqu’à l’entrée de l’exploitation (« farm gate ») et son évacuation en aval de l’exploitation, le développement des systèmes d’irrigation internes restant à la charge des exploitants.

Composante 2 : appui au développement économique et à l’exploitation et maintenance des aménagements

Cette composante concerne les mesures d’appui aux producteurs et investisseurs permettant de faciliter leur installation. Elle financera de l’assistance technique visant à faciliter le processus de sélection et d’installation des producteurs et aider au financement des systèmes d’irrigation internes. Elle apportera également un appui à l’intensification agricole au travers d’un programme de formation et de vulgarisation. Elle inclura un aspect genre et éventuellement les mesures d’insertion des jeunes, en lien avec des fonds de contrepartie du gouvernement.

Cette composante appuiera également de la mise en place des associations d’irrigants qui prendront en charge l’exploitation et la maintenance des aménagements en collaboration avec l’Office du Niger.

Composante 3 : développement institutionnel et coordination du projet

Cette composante financera la gestion du projet et le renforcement des capacités de l’ATI et de l’ON qui seront en charge de mettre en œuvre ce projet. L’ATI prendra en charge les aspects commerciaux et notamment la sélection des producteurs et la promotion du projet auprès des investisseurs, en collaboration avec l’API. L’ON prendra en charge tous les aspects infrastructures et supervisera également la création des associations d’irrigants.

Normes d’aménagement

La préparation du projet inclura une réflexion sur les normes d’aménagement à utiliser. Compte tenu de l’orientation commerciale donnée au projet et du potentiel de diversification de la zone d’Alatona, il est en effet nécessaire d’étudier des options d’irrigation par aspersion ou goutte à goutte, donc sous pression, plutôt que l’irrigation par écoulement gravitaire à surface libre.

En particulier, la généralisation de l’irrigation sous pression permettrait de s’affranchir du besoin de réaliser des canaux en déblai. Les irrigants pourraient en effet pomper dans des chenaux qui ne dominent pas le terrain. Le pompage solaire serait privilégié pour les petits producteurs, afin de ne pas créer de charges récurrentes élevées. Le service de pompage pourrait se voir confié à un ou des prestataires spécialisés, qui factureraient les nouveaux irrigants au mètre cube ou à l’heure de pompage. L’efficience de la distribution de l’eau s’en trouverait considérablement accrue.

Processus de préparation

Une étude de faisabilité socioéconomique basée sur une analyse des filières porteuses sera financée par le projet PAPAM et permettra de caractériser les groupes bénéficiaires et de pré-identifier les producteurs et investisseurs. L’ON recrutera sur budget national un bureau d’étude chargé de revisiter les dossiers d’avant-projet existants pour le site d’Alatona. En ce qui concerne le processus d’installation des producteurs, le projet prendra en compte les expériences récentes ou en cours des projets Alatona tranche 1, Rétail 4bis, Koumouna et autres. Le projet « paysans investisseurs » du SEXAGON sera également pris en considérationpour identifier le processus d’allocation. Principaux risques

Les principaux risques potentiels identifiés au stade de la préparation sont les suivants :

-        Manque de transparence dans le processus d’attribution des parcelles

-        Manque d’intérêt des producteurs / investisseurs pour les sites aménagés par le projet

-        Normes de conception ne répondant pas aux besoins des producteurs / investisseurs

-        Manque de transparence dans la procédure d’allocation des terres

-        Manque de capacité financière des investisseurs / producteurs.

Au stade de l’exploitation les risques liés à la commercialisation des produits, aux alliances productives entre petit producteurs et agrobusiness et en matière d’exploitation et de maintenance des aménagements peuvent être ajoutés.

Description de la zone d’intervention du projet

La Zone Office du Niger a été retenue comme zone d’intervention du projet. Le site d’Alatona se trouve sur la rive droite du Fala de Molodo, dans la région de Ségou. Environ 150 km au nord à partir de son origine, le Fala de Molodo prend un virage soudain vers l’est et s’étire vers le Bassin Intérieur du Fleuve Niger, qui s’étend sur environ 200 km plus à l’est.

Avant la construction du seuil de Markala sur le Fleuve Niger en aval de Ségou au cours des années 1930 et 1940, le Fala de Molodo était essentiellement un résidu de cours d’eau qui s’écoulait seulement pendant les périodes de crues exceptionnellement élevées. Bien que la diversion de l’eau dans le canal à partir des schémas d’irrigation de l’Office du Niger ait amélioré l’alimentation en eau, la Fala demeure une rivière endoréique – les eaux s’infiltrent éventuellement dans les sables du désert ou s’évaporent avant d’atteindre le Delta Intérieur. Au cours des dernières années, le débit dans le Fala a rarement dépassé le village de Louguel, qui se trouve à environ 30 km à l’est du périmètre proposé de l’Alatona. Le périmètre d’Alatona est donc situé au bout du réseau alimenté par le Fala de Molodo.

Projet d’Appui Régional à l’Initiative pour l’Irrigation au Sahel (PARIIS)

CONTEXTE ET JUSTIFICATION

Le Forum de Haut niveau Du 31octobre 2013 pour la relance de lirrigation dans les pays du Sahel et la Déclaration de Dakar

Les six États du Sahel, réunis à Dakar le 31 Octobre 2013 lors de la Conférence de Haut Niveau sur la relance de l’irrigation au Sahel, ont convenu de combiner leurs efforts pour accroître le rythme et la qualité des investissements dans l’agriculture irriguée sur la base d’une approche participative et systémique de résolution des problèmes et de développement de solutions adaptées. La déclaration de Dakar sur la relance de l’irrigation a été faite en retenant comme slogan « Forger la résilience et accélérer la croissance au Sahel et en Afrique de l’Ouest par la relance de l’agriculture irriguée ». L’objectif de cette Déclaration est d’augmenter sensiblement les investissements en matière d’hydraulique agricole pour passer de 400.000 hectares aujourd’hui à 1.000.000 d’hectares d’ici 2020, pour un coût total estimé à plus de sept milliards de dollars US.

Initiative pour l’irrigation au Sahel

Suite au forum de Dakar, les six pays ont mis en place avec leurs partenaires techniques et financiers et les acteurs de l’agriculture irriguée une Task Force pilotée par le CILSS, chargée d’instruire un programme régional visant à appuyer les six États dans la réalisation des objectifs quantitatifs et qualitatifs fixés à Dakar. La Banque Mondiale a soutenu les activités de la Task Force en mobilisant des fonds du Water Partnership Program. La Task Force a entrepris de produire un document de Cadre Stratégique fixant les orientations à suivre, un Programme d’Action Global (PAG) comprenant toutes les actions nécessaires à l’atteinte des objectifs de Dakar. Un premier projet régional intitulé « Projet d’Appui Régional à l’Initiative pour l’Irrigation au Sahel (PARIIS), a obtenu du groupe de la Banque Mondiale une allocation de 173 millions de $US en vue de concevoir, de préparer et de mettre en œuvre les activités du projet.

Justification du projet

Le projet permettra aux six pays, de tirer le meilleur parti possible des effets potentiels d'une stratégie d'élargissement partagée de la manière la plus rentable. Une approche régionale pour le développement de l'irrigation aidera à : a) faciliter la planification coordonnée des investissements dans les zones de ressources naturelles partagées; (b) construire la base de connaissances et faciliter les échanges d’expérience au niveau régional ; (c) Attirer / faciliter la participation du secteur privé à l'innovation et à fournir des services de qualité au niveau régional à moindre coût, et d) faciliter l'adoption de politiques régionales par le biais d'un benchmarking institutionnel.

Le projet contribue à la vision de l'Initiative Irrigation au Sahel (2is) à savoir : « une agriculture irriguée en expansion qui soit productive, durable et rentable pour la création d'emplois et la sécurité alimentaire au Sahel ». Le projet posera les bases pour une meilleure efficacité et un impact accru du développement de l’irrigation conformément aux principes établis dans le Cadre Stratégique de l'Initiative pour l’Irrigation au Sahel.  Il permettra (a) de mettre en œuvre  des processus homogènes et simplifiés pour les investissements en irrigation, b) accroître l'alignement des donateurs sur les approches nationales, c) attirer en fin de compte, des fonds supplémentaires, conformément aux principes établis dans le Cadre stratégique de l'Initiative pour l'irrigation du Sahel (S2I-SF).

Le projet répond aux critères d'intégration régionale. Il contribuera spécifiquement à trois défis régionaux: a) une utilisation plus efficace et productive des ressources en eau peu abondantes; b) l'accroissement de la sécurité alimentaire; et c) le partage des connaissances afin d'améliorer la viabilité et exploiter le potentiel d'augmentation de l'irrigation dans le Sahel

Le Mali est certainement le pays du sahel qui dispose de plus potentialités en termes de ressources en eau et en terres avec 65 milliards de m3 d’écoulement annuel moyen d’eau de surface (bassins des fleuves Niger, Sénégal et Sourou), 2.500 milliards de m3 d’eau souterraine avec un taux de renouvellement annueld’environ 60 milliards de m3 et près de 2.200.000 ha de terre apte à l’irrigation. Ainsi, la maitrise de l’eau pour le développement de l'irrigation constitue une des priorités majeures pour le Gouvernement. Aussi, le pays dispose de grands périmètres irrigués, de nombreuses infrastructures hydro-agricoles et d’une longue tradition de la pratique de l'irrigation. Par ailleurs, à travers d’importants projets visant à augmenter la surface sous irrigation et le rendement des cultures, en particulier le riz, le Mali peut occuper une place de choix dans l’approvisionnement en denrées alimentaires pour les populations du Sahel.

Le PARIIS permettra au Mali de valoriser les solutions d’irrigation qu’il a développé depuis plusieurs décennies et de tirer parti des expériences et bonnes pratiques des autres pays de l’Initiative 2iS. Ainsi, le projet permettra de renforcer et mettre à l’échelle les acquis engrangés au Mali, notamment dans le domaine de l’Irrigation de proximité (Type 1 et 3) à travers le PNIP. Le projet appuiera la modernisation et le renforcement des Sociétés d’Aménagement et de Gestion de l’Irrigation (SAGI, type 4). De plus le PARIIS donnera une impulsion au développement de l’irrigation commerciale privée (type 2 et 5).

Zones d’intervention prioritaires

Deux (2) Zones d’Intervention Prioritaires (ZIP) sur lesquelles se concentreront les activités de la Composante B ont été retenues. Certaines activités des Composantes A et C auront une portée de niveau national. Les deux ZIP ont été sélectionnées en tenant compte des enjeux stratégiques liés au projet : prise en compte de la diversité des types de systèmes irrigués, contribution au changement d’échelle en matière de rythme des investissements et de performance de l’irrigation. Les ZIP retenues sont : (i) la ZIP 1 couvrant quatre cercles des deux régions de Koulikoro et Ségou autour du fleuve Niger et son affluent le Bani : Koulikoro, Dioïla, Ségou, Barouéli ; et (ii) la ZIP 2 couvrant les zones Office du Niger et Office Riz Ségou. La population totale de la zone d’intervention du projet est estimée à 2 697 750 habitants.

 
 
 

Bénéficiaires

Les bénéficiaires du projet comprendront :  (i) les agriculteurs qui bénéficieront directement des investissements sélectionnés et financés dans le cadre du projet et indirectement de la capacité accrue des acteurs publics et privés pour offrir des services d'irrigation améliorés ; (ii) les autres bénéficiaires que sont les ministères et leurs services déconcentrés, les instituts de formation et de recherche et leurs étudiants, les opérateurs publics et privés impliqués dans le développement et la gestion de l'irrigation, les cabinets de consultants et entreprises de construction, les investisseurs dans l’agro-industrie, les fournisseurs d'équipements d'irrigation et les détaillants, et les organisations de producteurs.

Le PARIIS Mali concernera environ 63 000 personnes. A travers les interventions dans les aménagements d'irrigation, le projet bénéficiera directement à 10 500 ménages agricoles, principalement l'agriculture de types 1, 2 et 3. En plus, il est supposé que pour chaque ménage agricole, 0,25 emplois seraient créés en amont et en aval dans les chaînes de valeur, y compris la fourniture d'intrants, la main-d'œuvre agricole non familiale, la transformation, la commercialisation, la maintenance des équipements, etc. Les bénéficiaires seront également les clients des fournisseurs de services qui offrent des services améliorés aux communautés locales.

Compte tenu de la composition des systèmes d'irrigation qui est prévu, environ 35 % des bénéficiaires directs des aménagements irrigués devraient être des femmes. Le projet aura pour but de pousser ce ratio à 45 pour cent en accordant une attention particulière à l'équilibre du genre dans toutes les activités du projet.

Durée d'exécution du projet

La durée d’exécution du projet est estimée à six (06) ans. La date de début d’exécution est fixée au ……………../ 2017 et la date d’achèvement……. La Date de clôture est fixée au 31 décembre 2023.

 

 

AGENCE D’AMENAGEMENT DES TERRES ET DE FOURNITURE DE L’EAU D’IRRIGATION (ATI)

L’Agence d’aménagement des Terres et de fourniture de l’eau d’Irrigation a été créée par l’Ordonnance n° 2015-016/P-RM du 02 Avril 2015, en tant qu’Établissement Public à caractère Industriel et Commercial (EPIC). L’Agence a pour mission de contribuer à la satisfaction des besoins en terres agricoles aménagées, d’appuyer la réalisation des infrastructures et équipements ruraux dans les bassins de production et d’accompagner les producteurs dans la gestion des aménagements hydro agricoles. A cet effet, elle est chargée :

  • de mener des opérations d'aménagement de terres et de création d'infrastructures de maîtrise de l’eau ;
  • de réaliser des opérations d'aménagements pastoraux et aquacoles et de création d'infrastructures et d'équipements nécessaires à leur exploitation durable ;
  • d'installer les exploitants agricoles (exploitations agricoles familiales, entreprises agricoles) sur les différents aménagements ;
  • d’accompagner les démarches de sécurisation foncière et appuyer le processus de délivrance de baux dans les grands bassins d'irrigation ;
  • d’appuyer les services techniques et les offices dans la mise en œuvre des programmes nationaux d'aménagement, de gestion des périmètres irrigués ;
  • d’accompagner les producteurs dans la gestion et la maintenance des infrastructures et équipements ruraux réalisés.
  • Suite à la ratification de l’Ordonnance de création de l’Agence par l’Assemblée Nationale en juin 2015, l’organisation et les modalités de fonctionnement de l'Agence ont été fixées par le Décret n°2075-0326/P-RM du 06 mai 2015.

 Etat d’exécution des activités :

Cette phase de lancement a été marquée par la conduite des activités majeures dans des processus d’opérationnalisation de l’ATI et de la Déclaration de Dakar. Ainsi, l’Agence a mené une série d’actions parmi lesquelles il convient de noter :

  • l’élaboration des documents réglementaires pour le fonctionnement et la gestion de l’Agence ;
  • l’identification de projets et le démarrage de leurs études;
  • la recherche de partenariat pour le financement de projets ;
  • l’identification de sites et l’élaboration de TdR pour la mise en place de Nouveaux Villages Agricoles (NVA)
  • la préparation du Projet d’Appui Régional à l’Initiative pour l’Irrigation au Sahel (PARIIS) ;
  • la préparation du projet de Développement de l’Agriculture Commerciale en zone Office du Niger (PADAC –ZON)
  • la tenue de la session inaugurale du Conseil d’Administration de l’Agence le 15 septembre 2016.

 Difficultés

 Au cours de cette phase de démarrage, les difficultés rencontrées sont:

  • L’Agence n’a pas bénéficié d’affectation suffisante de ressources humaines;
  • L’Agence n’a pas de ressources financières permettant le recrutement de personnel qualifié;
  • L’insuffisance de moyens matériels et logistiques.

 Perspectives :

Les activités programmées se focaliseront sur la poursuite du processus de l’opérationnalisation de l’Agence, la finalisation de la préparation du PARIIS Mali et la préparation du PADAC-ZON.  A ce titre, les activités porteront essentiellement sur les points suivants :

  • La poursuite de la recherche de ressources humaines ;
  • l’élaboration des documents de gestion de l’Agence (manuels de procédures, accord d’établissement, règlement intérieur, etc.) ;
  • l’élaboration d’un plan d’investissement quinquennal 2017 -2021
  • l’acquisition de matériels et d’équipements ;
  • la poursuite de l’identification de projets et démarrage de leurs études;
  • la recherche de partenariat pour le financement de projets ;
  • La finalisation de la préparation et le lancement du PARIIS-Mali ;
  • La poursuite des activités préparatoires du PADAC-ZON.

Suite à la ratification de l’Ordonnance de création de l’Agence par l’Assemblée Nationale en juin 2015, l’organisation et les modalités de fonctionnement de l'Agence ont été fixées par le Décret n°2075-0326/P-RM du 06 mai 2015.

Situation des Ressources humaines

La situation des ressources humaines de l’Agence se présente comme suit :

 

L’ATI ayant comme mission essentielle la réalisation d’aménagement hydro agricole en vue d’accélérer les rythmes d’augmentation des superficies irriguées en rapport avec le vaste potentiel aménageable du pays et la volonté politique et les ambitions de la LOA. Elle devra se doter d’un programme d’intervention très ambitieux à cours moyen et long terme. Un Plan d’investissement prioritaire est en cours de préparation. Ce plan sera conçu pour la réalisation de projets prioritaires dont les fiches sont données en annexes de la présente note.

 

 

Informations supplémentaires